Concours des prairies fleuries : des paradis de biodiversité à l’honneur

Dotées autrefois d’une image un peu désuète, les prairies fleuries de Suisse sont aujourd’hui récompensées par un prix.

Andreas Bosshard aime les prairies en fleurs : l’agroécologue suisse a consacré sa thèse de doctorat aux prairies riches en espèces. Fasciné depuis des années par ces habitats, il est l’un des co-fondateurs du Concours suisse des prairies fleuries, qui récompense les prairies les plus belles et les plus riches en espèces. Une entreprise qui pourrait sembler à première vue futile à un profane. Dans le monde agricole, la valeur de ces prairies en fleurs n’est pas toujours reconnue, si ce n’est pour les paiements directs versés pour leur entretien.

Andreas Bosshard voit les choses autrement. Lorsqu’il a entendu parler pour la première fois des concours de prairies fleuries organisés en Autriche, il a décidé de faire la même chose en Suisse. La première édition du concours a eu lieu en septembre 2007 : armés d’un stylo et une grille d’évaluation, des agriculteurs·trices et des biologistes ont parcouru les plus belles prairies de l’Oberland zurichois pour relever le nombre d’espèces en présence, la diversité florale, la superficie, la richesse structurelle et le mode d’exploitation des prairies. Pour la cérémonie de remise des prix, André Bosshard et son équipe ont accueilli un invité spécial : le Mister Suisse 2005 Renzo Blumenthal (dont le nom signifie« vallée des fleurs » en allemand). « Il avait gagné le concours de beauté, il était lui aussi agriculteur et en plus il s’appelait Blumenthal », explique Andreas Bosshard. La présence du roi de beauté a assuré au concours un écho médiatique au-delà des revues spécialisées.

Depuis, les médias publient régulièrement des articles sur les concours de prairies fleuries organisés chaque année par l’IG Kulturlandschaft dans une autre région, entre l’Appenzell et le canton de Zurich. Ce n’est pas toujours une entreprise facile, souligne Andreas Bosshard : nous travaillons tous bénévolement et les financements ne sont pas aisés à trouver. Contrairement à ce qui se passe en Autriche et en Allemagne, l’organisation de ces concours n’est pas soutenue en Suisse par des fonds publics. Pour Andreas Bosshard, la plus grande récompense reste l’inspection des champs avec des agricultrices et agriculteurs qui ont appris à estimer et aimer leurs prairies fleuries.

En savoir plus : http://wiesenmeisterschaft.ch (de)

Thème
Nature Qualité de Sols
Région
Suisse